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LE DIALOGUE COMME CLEF POUR LA THEOLOGIE CONTEMPORAINE Allocution de Sa Sainteté le Patriarche œcuménique Bartholomée à l’Université de Fribourg le 24 avril 2017.

Madame le Recteur,

Monsieur le Doyen de la Faculté de Théologie,

Eminences, Excellences,

Madame la Conseillère d’État,

Monsieur l’Ambassadeur et représentant de la Présidente de la Confédération suisse,

Mesdames et Messieurs les Professeurs,

Chers étudiantes et étudiants,

Mesdames et Messieurs,

C’est une grande joie et un grand honneur pour notre Modicité de participer à la présente cérémonie académique en lien avec le cinquantième anniversaire de notre Centre orthodoxe de Chambésy et le vingtième anniversaire de son Institut d’études supérieures en théologie orthodoxe qui collabore depuis sa fondation de manière fructueuse avec votre illustre Université. La création de notre Institut d’études supérieures en 1996 répondait au vœu formulé dans le Sigillion patriarcal et synodal de 1975 signé par notre prédécesseur, le Patriarche œcuménique Dimitrios de bienheureuse mémoire, invitant notre Centre orthodoxe de développer « tout particulièrement une pépinière théologique et scientifique d’orientation œcuménique, destinée à former au degré d’études supérieures des cadres originaires des très saintes Églises orthodoxes locales, utiles aux besoins de leurs Églises, spécialisés dans la conduite de dialogues inter-orthodoxes et inter-confessionels impliquant une rencontre théologique entre l’Orient et l’Occident (…) et cela dans le but unique d’édifier le corps du Christ dans l’unité d’une seule et même foi et confession ». La conduite de dialogues, nous devons le souligner, est la raison d’être aussi bien de notre Institut d’études supérieures en théologie orthodoxe que de notre Centre orthodoxe de Chambésy. Son programme d’études tripartite, en collaboration avec les Facultés de théologie catholique et protestante des Universités de Fribourg et Genève est unique en son genre. Cette expérience pionnière a porté fruit, puisque depuis ces vingt dernières années, environ 170 lauréats ne se sont pas seulement intéressés à la théologie catholique et protestante, mais nombre d’entre eux servent aussi aujourd’hui leur Église locale pour la conduite des différents dialogues théologiques au niveau local, régional et même international. C’est pourquoi nous sommes profondément reconnaissant à l’Université de Fribourg, à sa faculté de théologie et à son institut d’études œcuméniques de lui permettre de réaliser sa mission de manière fructueuse.

Le véritable dialogue est un don de Dieu. Selon saint Jean Chrysostome, Dieu est toujours en dialogue personnel avec les êtres humains. Dieu parle toujours : à travers les prophètes et les apôtres, à travers les saints. Le Verbe de Dieu n’a de sens pour nous que lorsque nous lui répondons par la foi. Et les paroles, elles aussi, sont plus fécondes dans un dialogue que dans un monologue. Le dialogue est l’expérience la plus fondamentale dans la vie, depuis l’enfance, durant l’éducation, jusqu’à la maturité. Le dialogue est aussi le moyen de communication le plus efficace pour l’enseignant et le prédicateur. Le dialogue promeut la connaissance et la science, révèle les vérités et les émotions, abolit la peur et le préjugé, cultive les liens et élargit les horizons. Le dialogue enrichit car quiconque refuse le dialogue demeure appauvri.

 Nous sommes personnellement persuadé que le dialogue est la clef de la théologie contemporaine, qu’il soit le dialogue entre les Chrétiens divisés, le dialogue entre les religions, ou le dialogue avec la société contemporaine, et c’est ce que nous tenterons d’esquisser maintenant.

1. Le Patriarcat œcuménique a toujours été convaincu de la nécessité du dialogue inter-chrétien. Nous pouvons dire sans exagérer que l’implication du Patriarcat dans le dialogue inter-chrétien remonte au-moins au XVIe siècle, à l’époque de la Réforme protestante dont la présente année marque le 500e anniversaire. En effet, il y a eu à cette époque une série d’échanges entre les théologiens luthériens de Tübingen et le patriarche œcuménique Jérémie II. Bien qu’ils ne fussent pas des dialogues comme nous l’entendons aujourd’hui, ces échanges témoignent de l’ouverture d’esprit qui caractérise le Patriarcat œcuménique face aux autres Églises et aux autres religions.

Le même esprit a animé le Patriarcat œcuménique au début du 20e siècle, lorsqu’en janvier 1920, il publiait une encyclique historique adressée « aux Églises du Christ partout dans le monde », invitant les Chrétiens à rentrer en dialogue en établissant une koinonia (ou « communion ») d’Églises, sur le modèle de la Société des Nations qui venait de voir le jour à Genève. Par la suite, le Patriarcat œcuménique devint un membre fondateur du Conseil œcuménique des Églises en 1948, et depuis, il y est toujours présent et actif. Depuis 1955, le Patriarcat possède même une représentation permanente auprès du Conseil œcuménique des Églises, et la fondation de notre Centre orthodoxe de Chambésy en 1966 est venue favoriser la collaboration de toutes les Églises orthodoxes locales entre elles à l’époque où elles étaient devenues membres à part entière du Conseil œcuménique des Églises.

L’Église orthodoxe peut être fière aujourd’hui de son expérience séculaire de cet esprit de dialogue à travers sa participation active et constructive au sein du Conseil œcuménique des Églises. C’est ce qui a permis au Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe, que nous avons réuni avec l’accord des Primats des très saintes Églises orthodoxes locales sur l’île de Crète en juin dernier, d’affirmer dans son encyclique : « Partant de cette compréhension du devoir de témoignage et de disponibilité, de tout temps, l’Église orthodoxe accorde une grande importance au dialogue, notamment avec les chrétiens hétérodoxes. Moyennant ce dialogue, les autres chrétiens connaissent désormais mieux l’Orthodoxie et la pureté de sa tradition. Ils savent aussi que l’Église orthodoxe n’a jamais accepté le minimalisme théologique ou la mise en doute de sa tradition dogmatique et de son éthos évangélique. Les dialogues interchrétiens furent une occasion pour l’Orthodoxie de souligner le respect dû à l’enseignement des Pères et de témoigner valablement de la tradition authentique de l’Église une, sainte, catholique et apostolique. Les dialogues engagés par l’Église orthodoxe n’ont jamais signifié et ne signifieront jamais faire des compromis d’aucune sorte en matière de foi. Ces dialogues sont un témoignage de l’orthodoxie étayé sur le message évangélique : « Viens et vois » (Jn 1, 46) et « Dieu est amour » (I Jn 4, 8)1».

Dans un autre document très important du Saint et Grand Concile, il est souligné que « l’Église orthodoxe a toujours cultivé le dialogue avec ceux qui sont partis, lointains et proches. Elle a joué un rôle de premier plan dans la quête contemporaine des voies et des moyens, afin de rétablir l’unité des croyants en Christ2». Pour l’Église orthodoxe, le dialogue inter-chrétien ne se limite pas à sa participation au sein du Conseil œcuménique des Églises. Il implique tous les dialogues bilatéraux dans lesquels elle s’est engagée suite aux recommandations des conférences pan-orthodoxes de Rhodes (1961-1964) convoquées par notre prédécesseur, le Patriarche œcuménique Athénagoras de bienheureuse mémoire qui nous a ouvert, à nous tous, orthodoxes, les yeux sur le monde chrétien et qui nous sensibilisés à l’importance du dialogue inter-chrétien : les dialogues avec l’Église catholique romaine, avec l’Église anglicane, avec l’Église Vieille-Catholique, avec les Luthériens, avec les Réformés, mais aussi avec les Pré-chalcédoniens.

Parmi tous ces dialogues très importants, celui qui a eu le plus de succès et de fécondité est celui avec l’Église catholique romaine. Ce dialogue n’a en fait jamais été interrompu. Il est significatif que la rupture de communion entre les sièges de Rome et de Constantinople survenue au début du 11e siècle n’a pas empêché à nos Églises d’envisager ensemble un concile comme cela a été le cas à Ferrare-Florence en 1438, avec la participation personnelle de notre prédécesseur, le patriarche Joseph de Constantinople.

Nul ne saurait oublier ni sous-estimer en retraçant l’histoire de ce dialogue l’importance de la rencontre historique, voilà déjà plus de cinquante ans, entre le Patriarche œcuménique Athénagoras et le Pape Paul VI en 1964, qui mena à la levée mutuelle des anathèmes de 1054, de même que la visite historique du regretté Pape Jean Paul II à mon prédécesseur, le Patriarche œcuménique Dimitrios, en 1979, qui conduit à l’annonce du dialogue bilatéral officiel entre nos deux Églises, lequel commença officiellement en 1980. Les visites successives des Papes Benoît XVI et François au siège du Patriarcat œcuménique au Phanar, mais aussi mes visites au Vatican3, ainsi que celles de mes prédécesseurs, les Patriarches Athénagoras et Dimitrios4, furent des occasions multiples de renforcer notre engagement commun dans ce dialogue.

Depuis maintenant plus de trente-cinq ans, ce dialogue progresse, certes en rencontrant certaines difficultés, mais avec la conviction de théologiens engagés, représentant chacun leur Église, que dans un esprit de charité et de vérité nous pourrons arriver par le dialogue à l’unité des Chrétiens. Parmi ceux qui ont fidèlement servi ce dialogue dans le passé, nous aimerions honorer la contribution du Père Jean-Marie Tillard de bienheureuse mémoire et de Jean Zizioulas, Métropolite du siège majeur de Pergame, qui fut jusqu’à l’an dernier le deuxième co-président orthodoxe de la Commission mixte internationale pour ce dialogue qui s’est penché au cours des dix dernières années sur l’épineuse question de la primauté et de la synodalité. Leurs noms ne sont pas inconnus au sein de votre université, puisque le Père Jean-Marie Tillard enseigna à votre faculté de théologie durant une vingtaine d’années, à partir de 1981, alors que le Métropolite Jean Zizioulas servit comme secrétaire de la Commission Foi et Constitution de 1967 à 1970 à Genève, où il fut également professeur invité à la faculté autonome de théologie protestante.

L’une des contributions majeures de Son Éminence le Métropolite doyen Jean de Pergame est d’avoir rappelé que chaque Église locale présentait non pas une partie de l’Église universelle mais manifestait dans un lieu la catholicité, c’est-à-dire la plénitude, de l’Église5. En dialogue avec lui, le célèbre dominicain Jean-Marie Tillard affirmait à son tour au sujet des Églises locales : « Elles sont les Églises et elles sont l’Église. Non pas des parties d’Église dont la somme serait l’Église ; mais des Églises, chacune vraiment Église enserrée dans l’étreinte de l’Église. Des Églises différentes mais non pas autres6». L’Église ainsi définie, il est possible de parler de communion des Églises (κοινωνία τῶν ᾽Εκκλησιῶν), concept lancé par la fameuse encyclique du Patriarcat œcuménique de 1920, sachant que la communion entre les Églises locales est assurée et manifestée par les réunions des synodes régionaux présidés par le primat de la région. Jean-Marie Tillard aimait rappeler que l’exercice de la communion visible des Églises locales par le Pape de Rome s’effectue dans le cadre du ministère confié à tout l’épiscopat, ce qui fait de l’évêque de Rome non pas un évêque au-dessus des autres, « mais bien au contraire un évêque parmi les évêques »7. Dialoguant avec lui, Jean Zizioulas était arrivé à dire : « si nous arrivions à trouver une conception de la primauté universelle du pape qui n’empiète pas sur la pleine nature de l’Église locale, nous pourrions l’accepter »8. Nous sommes donc grandement redevables aujourd’hui à ces deux grands théologiens du 20e siècle pour leur contribution majeure au dialogue entre nos Églises.

Le dialogue entre nos Églises se poursuit aujourd’hui, certes avec de nouvelles personnes, mais toujours avec le même engagement. Vous êtes bien placés, ici à Fribourg, pour le savoir, puisque Son Excellence l’Évêque Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, ainsi que Madame le Professeur Barbara Hallensleben sont membres de la commission mixte internationale, de même que Son Excellence l’Archevêque Job de Telmessos, Professeur de notre Institut d’études supérieures de Chambésy, qui a succédé à Son Eminence le Métropolite doyen Jean de Pergame en tant que co-président orthodoxe de cette commission. Nous ne vous cacherons pas que nous attendons personnellement beaucoup de ce dialogue, de même que de la pépinière théologique implantée à Chambésy en lien avec votre Université, afin qu’ils puissent soutenir et aider la commission mixte internationale. A ce propos, nous sommes heureux d’apprendre l’organisation d’un colloque conjoint sur la question de la synodalité, prévu ici, l’automne prochain.

Toutefois, n’oublions jamais que le fruit de l’unité ne saurait mûrir sans la grâce divine. C’est pourquoi le Saint et Grand Concile a eu raison de nous rappeler que « l’Église orthodoxe, tout en dialoguant avec les autres chrétiens, n’ignore pas les difficultés liées à une telle entreprise. Cependant, elle les considère comme des obstacles qui se dressent sur la route d’une compréhension commune de la tradition de l’ancienne Église, et elle espère que le Saint-Esprit, qui ‘tout entière affermit l’Église rassemblée’ ‘pourvoira aux insuffisances’ »9.

2. L’esprit de dialogue si caractéristique du Patriarcat œcuménique ne se limite pas au dialogue inter-chrétien. Se trouvant au carrefour des continents, des civilisations et des religions, le Patriarcat œcuménique a toujours eu soin de servir de pont entre Chrétiens, Musulmans et Juifs. Depuis la première conférence panorthodoxe préconciliaire de Chambésy de 1976, le Patriarcat œcuménique fut un pionnier du dialogue inter-religieux. Il convient ici de rendre un hommage particulier pour les efforts déployés dans ce domaine au regretté Damaskinos Papandreou, qui fut non seulement le premier métropolite de cette Sainte Métropole de Suisse mais aussi le fondateur de notre Institut d’études supérieures en théologie orthodoxe, aux côtés du Professeur Guido Vergauwen de votre Université et du Professeur Olivier Fatio de Genève. Ainsi le Patriarcat œcuménique engagea un dialogue bilatéral avec le judaïsme, sur des sujets tels que la loi, la tradition, le renouveau dans un monde moderne, et la justice sociale. En 1986, il a initié un dialogue inter-religieux bilatéral avec l’Islam, sur des sujets tels que l’autorité, la coexistence, la paix, la justice, le pluralisme, et le monde moderne. Depuis 1994, nous avons mis en place divers dialogues multi-religieux, en organisant plusieurs rencontres internationales qui ont permis aux communautés chrétienne, juive et musulmane de dialoguer entre elles sur des sujets tels que la liberté religieuse, la tolérance et la paix — des sujets si fondamentaux à notre époque tellement tourmentée et secouée par le terrorisme.

Depuis notre élection comme Patriarche œcuménique, nous avons eu l’occasion d’aborder les problèmes de la paix, de la discrimination raciale, de la tolérance religieuse, de la globalisation et de la sécularisation à de nombreuses reprises devant divers publics à travers le monde. Nous n’oublierons jamais la conférence sur la paix et la tolérance qui s’est tenue pour la première fois à Istanbul en 1994 et qui a publié la déclaration du Bosphore, affirmant sur la base de la conférence de Berne sur la paix en 1992 qu’un « crime commis au nom de la religion est un crime contre la religion ». Nous retiendrons également une autre rencontre importante : la conférence sur la coexistence pacifique entre le judaïsme, le christianisme et l’Islam qui s’est tenue à Bruxelles en 2001, à la suite du 11 septembre, et qui publia la déclaration de Bruxelles, « rejetant la supposition que la religion contribue au choc des civilisations », et attirant l’attention sur le rôle de la foi pour « fournir une plateforme constructive et instructive pour le dialogue entre les civilisations ». C’est dans ce même esprit que nous nous sommes récemment rendus à Assise, en septembre dernier, pour participer à la rencontre internationale intitulée « Soif pour la paix : les religions et les cultures en dialogue », organisée à l’occasion du trentième anniversaire de la journée de prière pour la paix instaurée par le Pape Jean Paul II de bienheureuse mémoire. Nous y avons rappelé dans notre communication l’obligation de tous les croyants de choisir la paix à travers le dialogue.

Ces rencontres, tout comme d’autres du même genre, se sont avérées à la fois pionnières et prophétiques. A notre époque de tensions et de conflits, nombreux sont ceux qui pointent du doigt la religion comme la cause des divers problèmes qui frappent aujourd’hui le monde. Toutefois, la religion n’est certainement pas la cause première des tensions grandissantes à travers le monde. Le dialogue inter-religieux contribue à une coexistence plus pacifique et une coopération plus grande entre les peuples et les civilisations du monde. Le principe sous-jacent à ce dialogue est que tous les êtres humains font finalement face aux mêmes problèmes dans la vie. Par le dialogue inter-religieux, les hommes de diverses croyances religieuses et de différents contextes culturels sortent de l’isolement, sont appelés au respect mutuel, à la compréhension et à l’acceptation de l’autre.

Nous entendons souvent l’affirmation que notre monde est en crise. Certes, nous traversons aujourd’hui diverses crises — politique, économique, sociale. Malgré cela, jamais dans l’histoire, les hommes n’ont été aussi capables de dialogue. Des gens de diverses cultures et de diverses croyances religieuses se rassemblent pour des conférences afin de trouver des solutions. Ainsi, les dialogues non officiels, engagés à un niveau personnel entre des adeptes des grandes religions du monde, de même que les dialogues officiels, organisés à un niveau international par des chefs religieux et des institutions religieuses, se sont efforcés de clarifier des malentendus séculaires tout en préparant graduellement le cœur et l’esprit des gens à la possibilité d’une coexistence pacifique et d’une coopération entre tous les hommes.

La région de la Méditerranée fut témoin pendant plusieurs siècles d’une cohabitation pacifique entre Chrétiens et Musulmans. Ce savoir vivre-ensemble a facilité les discussions et les échanges et a donné lieu à une compréhension mutuelle et à la tolérance. Des échanges et des dialogues concernant les enseignements et les expériences spirituelles des religions se sont déroulés à travers les siècles. Parfois, ces échanges n’ont conduit qu’à une polémique ou à une apologétique. Pourtant, il y a toujours des chefs religieux exceptionnels qui cherchent à découvrir le message le plus profond de la foi qui unit plutôt que de pointer vers les choses qui divisent. Cela ne signifie pas que les différences au niveau de la doctrine sont insignifiantes ou sans conséquence, car de telles différences mènent à des perceptions différentes du monde et, par conséquent, à des modes de vie différents. Ne pas rechercher les différences n’implique pas l’indifférence, tout comme le fait de souligner les valeurs absolues n’implique pas le minimalisme, tout comme la recherche des éléments qui unissent n’implique pas le syncrétisme ou l’abolition irréfléchie de la différence.

C’est précisément la raison pour laquelle un dialogue inter-religieux qui reconnaît les différences mais suggère aussi des manières de négocier ces différences peut s’avérer utile en dessinant des voies appropriées de communication entre les cultures et les peuples. Le dialogue inter-religieux peut dissiper les superstitions et dissoudre les préjugés. Il contribue à une compréhension mutuelle et ouvre la voie à une résolution pacifique. La peur et la suspicion sont toujours de mauvais conseil. Ils ne peuvent être exorcisés que lorsque nous venons à connaître les gens à un niveau plus profond et venons à apprendre leurs motivations profondes.

Le dialogue n’implique pas de renier sa foi religieuse ou de renier son affiliation religieuse. Il signifie plutôt un changement de notre état d’esprit et un changement d’attitude, ce que nous appelons dans le langage spirituel le « repentir », ou une conversion — en grec, métanoia, ce qui veut dire voir les choses d’une autre perspective. C’est pourquoi le dialogue est le commencement d’un long processus de conversion qui demande beaucoup de patience, non pas une impulsion fondamentaliste visant la conversion ou un quelconque échange légal d’idées, tel un contrat.

Le dialogue interreligieux ne peut se dérouler que dans un esprit de respect, de créativité et de responsabilité. Le but du dialogue est une compréhension mutuelle, mais le point de départ est la clarification de malentendus, dont certains se sont formés et se sont renforcés au fil des siècles. De plus, le dialogue s’oppose à considérer une partie de la vérité comme la vérité tout entière. Il s’efforce de discerner le contexte historique de traditions et de croyances particulières, plutôt que de les appliquer indifféremment au contexte présent. Dans cet esprit, l’encyclique du Saint et Grand Concile nous exhorte : « aujourd’hui, nous vivons une recrudescence de la violence au nom de Dieu. Les exacerbations fondamentalistes au sein des religions risquent de faire valoir l’idée que le fondamentalisme appartient à l’essence du phénomène religieux. La vérité est que, en tant que « zèle que la connaissance n’éclaire pas » (Rm 10, 2), le fondamentalisme constitue une manifestation mortifère de religiosité. La véritable foi chrétienne, calquée sur la Croix du Seigneur, se sacrifie sans sacrifier ; c’est pourquoi elle est le juge le plus inexorable du fondamentalisme, quelle qu’en soit l’origine. Le dialogue interreligieux franc contribue au développement d’une confiance mutuelle dans la promotion de la paix et de la réconciliation. (…) Le baume de la foi doit servir à panser et à guérir les plaies anciennes d’autrui et non pas à raviver de nouveaux foyers de haine »10.

Nous félicitons votre Université d’avoir été elle aussi sensible à la question du dialogue inter-religieux en ayant créé en 2015 le Centre Suisse Islam et Société qui s’interesse plus spécialement de l’analyse inter-religieuse des questions d’éthique sociale. Nous vous souhaitons beaucoup de succès dans votre travail et espérons pouvoir contribuer à vos efforts notemment avec l’expérience acquise par notre Église ces dernières décennies.

3. La place centrale du dialogue dans la théologie contemporaine ne se limite pas qu’aux relations inter-chrétiennes et inter-religieuses. La théologie doit toujours être engagée activement dans un dialogue avec la société contemporaine, et notamment avec la science.

Un exemple de ce dialogue engagé avec la modernité est donné par la réflexion des Églises sur les droits de l’homme qui sont aujourd’hui à l’épicentre du discours politique. Au moment même où l’Église catholique romaine se prononçait sur les droits de l’homme lors du concile Vatican II à travers l’encyclique du Pape Jean XXIII « Pacem in terris », la déclaration « Dignitatis humanæ personæ » et le la constitution pastorale « Gaudium et spes », l’Église orthodoxe entrepris ce dialogue dès la première Conférence panorthodoxe de Rhodes (1961) en réfléchissant sur les thèmes de la paix, de la liberté, de la fraternité entre les peuples, les soucis pour les handicapés, les discriminations sociales et les problèmes causés par les changements sociaux. En 1986, la troisième Conférence panorthodoxe préconciliaire réunie à notre Centre orthodoxe de Chambésy proposa un texte prophétique intitulé « La contribution de l’Église orthodoxe à la réalisation de la paix, de la justice, de la liberté, de la fraternité et de l’agapè entre les peuples et à l’affrontement de discrimination raciale et d’autres discriminations ». Ce texte servi de base au texte du Saint et Grand Concile sur « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ».

Cette rencontre est facilitée par le soucis commun du christianisme et des mouvements des droits de l’homme pour la protection de la dignité humaine. Mais dans le dialogue avec les droits de l’homme, la théologie orthodoxe critique l’individualisme qui en ressort trop souvent pour revendiquer des droits privés, souvent liés à l’eudémonisme et à un libertinisme. L’encyclique du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe se prononce de cette façon sur ce point : « L’Église orthodoxe fait une approche critique des droits de l’homme craignant que le droit individuel ne dégénère en individualisme et en mouvement revendicatif de droits. Une telle aberration est préjudiciable au contenu communautaire de la liberté ; elle transforme arbitrairement les droits en revendications individuelles de poursuite du bonheur ; elle confond liberté et laxisme de l’individu, érigeant cette licence en « valeur universelle » qui mine les fondements des valeurs sociales, de la famille, de la religion, de la nation et qui menace des valeurs éthiques fondamentales »11. Pour notre Église, l’ethos des droits de l’homme n’est pas l’ethos suprême. Pour nous, le commandement biblique de l’amour surpasse les revendications des droits de l’homme.

Mais la théologie doit aussi entrer dans un dialogue avec la science. Un exemple est le thème de la bioéthique qui n’est autre qu’un dialogue de la théologie avec la science, et plus précisément avec la médecine et la biologie. Notre Centre orthodoxe de Chambésy nous en a donné un bon exemple en organisant, en septembre 2002, un congrès scientifique de bioéthique intitulé : « Église et bioéthique. La raison de la science et la raison de la religion ». Les questions bioéthiques concernent essentiellement le début et la fin de la vie, laquelle, selon notre foi chrétienne, est un don de Dieu. En ce sens, le Saint et Grand Concile a rappelé que « la bioéthique orthodoxe affirme la création à l’image et à la ressemblance de Dieu, et la destination éternelle de l’être humain. Elle contribue de la sorte à enrichir le débat philosophique et scientifique portant sur des questions bioéthiques en y apportant l’anthropologie biblique et l’expérience spirituelle de l’Orthodoxie »12

Parmi les sciences, l’écologie est entrée dans une nouvelle phase dans les années 1980 en étant confronté devant une crise environnementale sans précédent. Alors que l’écologie devenait de plus en plus « politique », notre Patriarcat œcuménique prit des initiatives pour la protection de la création matérielle, étant persuadé que ce n’était pas uniquement le rôle des scientifiques et des politiciens, mais aussi celui des Églises d’éveiller le monde face à la destruction irréversible qui menace notre planète aujourd’hui. Ainsi s’engageait un nouveau dialogue entre la théologie et la science au sujet des problèmes environnementaux. Notre prédécesseur, le patriarche œcuménique Dimitrios, adressa le 1er septembre 1989 la toute première encyclique à toutes les Églises orthodoxes dans le monde, où il instituait le premier jour de l’année ecclésiastique orthodoxe comme jour de prière pour la protection et la préservation de l’environnement naturel. Cette initiative fut par la suite reprise par le Conseil œcuménique des Églises et la Conférence des Églises européennes.

Dans cet esprit de dialogue avec la science, notre Église prit d’autres initiatives en matière d’environnement. C’est ainsi que notre Centre orthodoxe de Chambésy a organisé, en 1992 et 1993, deux séminaires sur la contribution des Églises pour envisager le problème écologique aujourd’hui. Notre Patriarcat œcuménique a créé un comité sur la religion, la science et l’environnement en 1995, qui fut présidé par le métropolite doyen Jean de Pergame depuis sa création jusqu’en 2009 et qui a organisé huit congrès scientifiques et théologiques internationaux sur la préservation des rivières et des mers13. Préalablement à ceux-ci, cinq séminaires avaient eu lieu dans notre faculté de théologie à Halki entre 1994 et 1998, sur l’importance de l’éducation écologique et la conscience environnementale dans une approche œcuménique, interreligieuse et interdisciplinaire14. Plus récemment, nous avons rassemblé deux sommets à Halki, l’un intitulé « conversation sur l’environnement, l’éthique et l’innovation » (2012), l’autre sur « La théologie, l’écologie et la parole » (2015).  C’est dans cet esprit de dialogue avec la science et la société contemporaines que le Patriarcat œcuménique veut contribuer à la préservation du monde qui nous entoure.

Un tel dialogue est non seulement utile mais fort nécessaire. Aux yeux de certains écologistes et scientifiques, l’homme est classé dans l’écosystème naturel en tant qu’égal aux autres animaux. Une telle approche s’oppose à l’approche anthropocentrique judéo-chrétienne. Elle s’explique soit par un rejet de Dieu et de la perspective de la divinisation de l’homme, soit par une mauvaise interprétation du commandement donné à l’homme de dominer le monde qui peut conduire à une exploitation destructrice des ressources naturelles. Or, dans la perspective anthropocentrique qui provient de la Révélation divine des Écrits judéo-chrétiens, l’homme est considéré comme l’intendant de la création. En effet, c’est à l’homme que Dieu a confié la responsabilité d’être l’intendant, « l’économe » (oikonomos) de la création : d’une part, d’après le commandement divin de « cultiver et garder la terre » (Gn 2, 15), et d’autre part, selon l’exhortation évangélique d’agir comme des « intendants fidèles et prudents » de ce monde (Lc 12, 42). De ce fait, pour la tradition chrétienne, l’environnement naturel n’est pas une mine de ressources à être exploitée par l’homme de manière égoïste et égocentrique, pour sa propre jouissance, mais une création appelée à être en communion avec son Créateur par l’intermédiaire de l’homme qui en est le gardien. Il faut en être conscient et ce n’est qu’à travers cette prise de conscience que nous pourrons comprendre que la crise environnementale que traverse le monde d’aujourd’hui, comme d’ailleurs toutes les autres crises, qu’elles soient économique, financière ou morale, est avant tout une crise spirituelle. Or, seule la théologie en dialogue avec la science peut faire une telle contribution au monde contemporain.

Telle est en effet la spécificité de la spiritualité chrétienne qui devrait distinguer notre attitude chrétienne face à la crise environnementale de celle des mouvements écologistes contemporains. La différence n’est pas tant dans le degré de désir de préservation et de protection des ressources naturelles du monde, qui devrait être la priorité de tous les hommes, qu’ils soient des chefs politiques ou de simples citoyens. La différence ou la spécificité réside dans notre conception du monde, et non dans le but recherché dans cette démarche. La croyance en l’homme comme « économe » et « prêtre » de la création est marquée par un sens profond de justice et de modération. Nous sommes donc appelés à préserver la création en servant son Créateur.

L’encyclique du Saint et Grand Concile nous rappelle que : « Les racines de la crise écologique sont spirituelles et morales. Elles sont inscrites dans le cœur de chaque être humain ». L’encyclique poursuit en affirmant : « La rupture du rapport liant l’homme à la nature est une aberration par rapport au véritable usage de la création de Dieu. Pour résoudre le problème écologique sur la base des principes de la tradition chrétienne, il faut non seulement faire pénitence pour le péché d’exploiter à outrance les ressources naturelles de la planète, c’est-à-dire changer radicalement de mentalité, mais aussi pratiquer l’ascèse comme antidote au consumérisme, au culte des besoins et au sentiment de possession. Cela présuppose aussi l’immense responsabilité qui nous incombe de léguer aux générations futures un environnement naturel viable et son usage conforme à la volonté et à la bénédiction de Dieu. (…) Cette approche orthodoxe évangélique et patristique attire aussi notre attention sur les aspects sociaux et les retombées tragiques que représente la destruction de l’environnement naturel »15.

L’environnement est notre maison commune. Pour cette raison, l’environnement ne peut être apprécié ou évalué seul, sans lien direct avec l’homme qui a la vocation d’être l’économe et le prêtre de la création. Mais la préoccupation pour l’environnement implique aussi une préoccupation pour les problèmes humains de pauvreté, de la soif et de la faim. Notre attitude et notre comportement vis-à-vis de la création a un impact direct et reflète notre attitude envers les autres que l’on adopte envers autrui. Ainsi, la préoccupation pour les questions écologiques est directement liée à la préoccupation pour les questions de justice sociale, et plus particulièrement celle de la faim dans le monde. Une Église qui néglige de prier pour l’environnement naturel est une Église qui refuse d’offrir à boire et à manger à une humanité souffrante. De même, une société qui ignore son mandat de prendre soin de tous les hommes est une société qui maltraite la création de Dieu, y compris l’environnement naturel, ce qui équivaut au blasphème.

Cette planète est véritablement notre maison, mais c’est aussi la maison de tous, puisqu’elle est la maison de chaque créature animale tout comme celle de toute forme de vie créée par Dieu. C’est un signe d’arrogance que de prétendre que seuls nous, les hommes, habitons ce monde. C’est aussi un signe d’arrogance que de s’imaginer que seule notre génération habite cette terre. C’est pourquoi nous avons déclaré d’une seule voix avec notre frère, le pape François, lors de notre pèlerinage commun en Terre Sainte en mai 2014 à l’occasion du 50e anniversaire de la rencontre historique de nos prédécesseurs, le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras : « nous regrettons le mauvais traitement abusif de notre planète, qui est un péché aux yeux de Dieu. Nous réaffirmons notre responsabilité et notre obligation d’encourager un sens de l’humilité et de la modération, de sorte que tous sentent la nécessité de respecter la création et de la sauvegarder avec soin. Ensemble, nous réaffirmons notre engagement à sensibiliser au sujet de la gestion de la création ; nous appelons tous les hommes de bonne volonté à considérer les manières de vivre plus sobrement, avec moins de gaspillage, manifestant moins d’avidité et plus de générosité pour la protection du monde de Dieu et pour le bénéfice de son Peuple »16.

Pour cela, un dialogue entre l’écologie contemporaine, en tant que recherche scientifique pour la protection et la survie de l’environnement naturel, et la théologie, en tant que réflexion métaphysique sur des sujets religieux, est nécessaire pour cerner la profondeur spirituelle des questions cruciales de notre temps. Dans ce sens, nous nous réjouissons de la tenue récente à votre université d’une conférence sur « l’éco-théologie des religions abrahamiques en Suisse », en novembre dernier, où d’ailleurs l’archevêque Job de Telmessos vous a entretenu de l’office liturgique du 1er septembre au Patriarcat œcuménique. C’est pourquoi, nous vous invitons tous, vous qui êtes déjà sensibilisés à ces questions, à promouvoir l’idée de la nécessité d’une résolution transdisciplinaire et synergique de ces défis auxquels fait face aujourd’hui notre maison commune.

Mesdames et Messieurs,

Si j’insiste tellement ce soir devant ce savant auditoire sur l’importance dialogue en tant que clef pour la théologie contemporaine, ce n’est pas pour des raisons de politique ou de diplomatie. Durant toute notre vie, depuis nos études de théologie à notre faculté de Halki, puis durant nos études supérieures à l’Institut pontifical oriental de Rome, à l’Institut œcuménique de Bossey et à l’Université de Munich, et enfin durant nos vingt-cinq années de service en tant que Patriarche œcuménique, nous avons pu nous rendre compte et faire l’expérience de l’importance du dialogue dans la théologie toujours au service de l’Église du Christ et de la Vérité.

Le dialogue n’est pas une nouveauté dans le christianisme. S’inspirant des modèles du dialogue philosophique classique, les Pères de l’Église ont employé le dialogue comme genre littéraire dans leurs œuvres en cherchant à élaborer des réponses fondées sur la Révélation divine en réponse aux païens, aux hérétiques, aux schismatiques, ou tout simplement aux questions des croyants.

Toutefois, il nous semble que le dialogue, non pas comme genre littéraire, mais comme un moyen de communication et une façon de penser, est véritablement la clef pour la théologie contemporaine qui est appelée aujourd’hui non pas à se refermer sur elle-même, mais à s’ouvrir, dans une approche interdisciplinaire, aux autres sciences universitaires, pour apporter le message toujours actuel du renouveau de l’homme et de la création en Christ. C’est ce que nous avons tâché d’illustrer en nous penchant sur le dialogue inter-chrétien, le dialogue inter-religieux et le dialogue avec la société et la science contemporaines, à partir de notre expérience au Patriarcat œcuménique.

Le dialogue, comme moyen de communication et façon de penser, n’est pas une chose facile, surtout à notre époque. Le nihilisme, le relativisme et le fondamentalisme ambiants sont des obstacles au dialogue aujourd’hui. Si les deux premiers considèrent que beaucoup de vérités existent et s’équivalent ou se contredisent, le fondamentalisme croit qu’une seule vérité monolithique doit s’imposer. Le fondamentalisme est toujours sélectif dans ses sources et ne distingue jamais leur texte de leur interprétation. Il est de nature suspicieux de la science et étranger à l’autocritique. Il se sent souvent menacé par la société contemporaine.  

La théologie contemporaine doit éviter autant le relativisme que le fondamentalisme en s’ouvrant au dialogue inter-chrétien, inter-religieux et avec la modernité. En tant que discipline universitaire, elle doit toujours répondre de manière constructive au dialogue que Dieu propose à l’homme. C’est pourquoi nous vous félicitons d’avoir pris l’option, ici à l’Université de Fribourg, d’une théologie en dialogue avec les autres confessions chrétiennes, avec les autres religions et avec la société et les sciences contemporaines. En ce sens, nous ne pouvons que vous encourager à poursuivre la collaboration qui s’est avérée productive au cours de ces vingt dernières années entre votre Université et notre Institut d’études supérieures de Chambésy, et de vous approprier cette clef qu’est le dialogue en tant que moyen de communication et de façon de penser, et de le faire fructifier dans la théologie contemporaine. Car il n’existe aucune autre alternative au dialogue.

Merci pour votre attention.

1. Cf. l’encyclique du Saint et Grand Concile, §20.

2. Cf. document sur les Relations avec le reste du monde chrétien, §4.

3. En 1995, 2004, 2005, 2008, 2012, 2013 et 2014.

4. Respectivement en 1967 et 1987.

5. Cf. : J. Zizioulas, L’être ecclésial, Genève, 1981, p. 121-124.

6. J.-M. R. Tillard, L’Église locale. Ecclésiologie de communion et catholicité. (Cogitatio Fidei 191). Paris, 1995, p. 89.

7. Tillard, Église d’Églises. L’ecclésiologie de communion. (Cogitatio Fidei 143). Paris, 1987, p. 324.

8. Métropolite Jean (Zizioulas), « Si nous arrivions à trouver une conception de la primauté universelle qui n’empiète pas sur la pleine nature de l’Église locale, nous pourrions l’accepter », SOP 298 (2005), p. 20.

9. Cf. document sur les Relations avec le reste du monde chrétien, §8.

10. Cf. l’encyclique du Saint et Grand Concile, §17.

11. Cf. l’encyclique du Saint et Grand Concile, §16.

12. Cf. l’encyclique du Saint et Grand Concile, §12.

13. Dans la Mer Égée (1995), la Mer Noire (1997), le long du Danube (1999), dans la Mer Adriatique (2002), la Mer Baltique (2003), sur l’Amazone (2006), dans l’Océan Arctique (2007) et sur le Mississippi (2009).

14. Ils examinèrent les questions de l’éducation religieuse (1994), l’éthique (1995), la société (1996), la justice (1997) et la pauvreté (1998).

15. Cf. l’encyclique du Saint et Grand Concile, §14.

16. Cf. la déclaration commune du Pape François et Patriarche Bartholomée, 25 mai 2014, §6.