Proclamations for Christmas and Pascha

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Message patriarcal diffusé à l’occasion de Noël 2008

Message patriarcal diffusé à l’occasion de Noël 2008

\† BARTHOLOMAIOS
PAR LA GRÂCE DE DIEU ARCHEVÊQUE DE CONSTANTINOPLE, NOUVELLE ROME,
ET PATRIARCHE ŒCUMÉNIQUE
QUE LA GRÂCE, LA PAIX ET LA MISÉRICORDE
DU CHRIST SAUVEUR, NÉ À BETHLÉEM,
SOIENT AVEC TOUT LE PLÉRÔME DE L'ÉGLISE

Frères et enfants bien-aimés en le Seigneur,
Le saint et grand jour de Noël est arrivé. C'est la mère et l'origine de toutes les fêtes qui nous appelle à nous relever spirituellement et à rencontrer le Vieillard, Fils de l'Homme.

« Par la bienveillance de Dieu le Père », comme le souligne saint Jean Damascène, « le Fils monogène, Verbe de Dieu, et Dieu, lui qui est dans le sein de Dieu le Père, consubstantiel au Père et au Saint-Esprit, lui qui est avant tous les siècles, sans commencement », il condescend à des esclaves, « étant Dieu parfait, il devient homme parfait, et amène à sa perfection ce renouveau des renouveaux, le seul nouveau sous le soleil » . L'incarnation du Fils de Dieu n'est pas un symbolisme, contrairement aux incarnations des divers « dieux » de la mythologie. C'est une réalité, la réalité vraiment nouvelle, le seul nouveau sous le soleil. Elle a eu lieu dans un moment historique précis, sous l'empereur Octave-Auguste, en 746 environ (selon les données astronomiques nouvelles) depuis la fondation de Rome. Elle s'est produite au sein d'un peuple précis, le peuple juif : « de la famille et de la descendance de David »  ; dans un lieu précis, à Bethléem en Judée, et elle servait un but très précis : « Le Verbe s'est fait homme pour que nous devenions Dieu » , selon la phrase lapidaire de saint Athanase le Grand.
Cet événement de l'incarnation du Dieu-Verbe nous donne la possibilité d'atteindre nos limites qui ne sont identiques ni « à ce qui est beau et bien » prôné par les Grecs anciens ; ni à la « vertu » et la «justice » des philosophes ; ni à la sérénité du « nirvana » bouddhiste ; ni au dépassement du «destin » ou ce qu'on appelle « karma » moyennant de prétendues transformations successives de formes de vie ; ni à l'« harmonie » de soi-disant éléments opposés d'une « force vitale » imaginaire, ni à rien d'autre. C'est la transcendance ontologique de la corruptibilité et de la mort par le Christ. C'est notre intégration à Sa vie et à Sa gloire divine. C'est notre union avec Dieu le Père en l'Esprit Saint, obtenue moyennant le Christ par grâce. C'est là nos limites extrêmes : notre union personnelle avec le Dieu trinitaire ! Et la Nativité du Christ ne nous promet pas une béatitude chimérique ou une éternité abstraite. Elle nous met littéralement « à la portée de la main » de participer personnellement à la vie divine et à l'amour de Dieu, dans une progression infinie ! Elle nous donne la possibilité non seulement « d'être fils adoptifs » , mais elle nous accorde d'entrer « en communion avec la nature divine » .

Certes, dans la confusion mondiale et la crise de nos jours, ces vérités semblent paradoxales. L'espoir que la plupart des gens placent dans des « divinités » de ce monde est chaque jour tragiquement démenti. La personne humaine est humiliée et écrasée au-milieu de chiffres, d'appareils, d'ordinateurs, de spéculations boursières et d'étendards bariolés promettant telle ou telle opportunité idéologique vide de sens. La nature est insultée. L'environnement partage cette souffrance. La jeunesse est déçue et se révolte, protestant contre l'injustice du présent et l'incertitude de l'avenir. « Les ténèbres, les nuées, l'obscurité »  dominent notre monde, donnant l'impression de pouvoir cacher la lumière de l'espoir qui émerge de Bethléem et couvrir le chant des anges annonçant la joie universelle : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien-aimés » . L'Église nous appelle néanmoins à réfléchir mûrement, à réévaluer les priorités de la vie et à déceler chez « autrui » l'image de Dieu digne de respect. Forte de son expérience plus de deux fois millénaire, elle ne cessera d'affirmer que l'enfant dans la crèche de Bethléem est l'« espoir des extrémités de la terre » . C'est la Raison et l'entéléchie de la vie. C'est la rédemption que Dieu a envoyée à Son peuple, c'est-à-dire à l'humanité tout entière.

Depuis le siège martyr de notre sainte Grande Église du Christ, à Constantinople, en nous adressant avec beaucoup d'amour aux enfants du Patriarcat œcuménique à travers le monde et à tout homme qui a soif de Dieu, nous invoquons sur tous la bienveillance, la paix, la grâce et le don salvateur du Fils unique de Dieu qui, pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu du ciel, qui, par l'Esprit Saint, a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme, à Qui conviennent gloire, puissance, honneur et adoration, avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles.

Phanar, Noël 2008

† Bartholomaios de Constantinople

fervent intercesseur pour vous tous auprès de Dieu