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Message Patriarcal diffusé à l’occasion de Noël 2015

Message patriarcal
diffusé à l’occasion de Noël

† BARTHOLOMAIOS
PAR LA GRÂCE DE DIEU ARCHEVÊQUE DE CONSTANTINOPLE,
NOUVELLE ROME, ET PATRIARCHE ŒCUMÉNIQUE,
À TOUT LE PLÉRÔME DE L’ÉGLISE
GRÂCE, MISÉRICORDE ET PAIX DU CHRIST SAUVEUR NÉ À BETHLÉEM
* * *

Frères et Enfants bien-aimés dans le Seigneur,

La Sainte Nuit de Noël baigne à nouveau le monde de sa douceur. Au milieu des souffrances et des douleurs, de la crise et des crises, des passions et des hostilités, des inquiétudes et des déceptions, se produit le mystère de l’incarnation de Dieu ; réel, plus que jamais actuel, dégageant le même charme qu’autrefois et nous exhortant : « habitants de la terre apprenez la justice » (cf. Es 26, 9), car, « il vous est né aujourd’hui un Sauveur qui est le Christ Seigneur » (Lc 2, 11).

Malheureusement, de nos jours, nombreux sont ceux qui pensent comme Hérode – ce bourreau d’enfants, l’impie et dénué de scrupules – et qui massacrent leurs semblables. L’esprit tordu par son égocentrisme, le maître de ce monde, personnifié dans la figure assassine d’Hérode, a cru son existence menacée par la naissance d’un Enfant innocent. Et pour protéger son pouvoir séculier contre le danger que la naissance de l’Enfant représenterait à son avis, il a choisi de l’exterminer.

Pour échapper aux intentions meurtrières, l’Enfant Jésus, dont les Anges ont parlé, est forcé de fuir en Égypte, devenu, selon la terminologie de notre temps, « un réfugié politique », avec Marie Sa mère, la Toute-sainte Mère de Dieu, et Joseph.

À notre époque, considérée comme ère de progrès, de nombreux enfants sont forcés de devenir des réfugiés, suivant leurs parents pour sauver leur vie, menacée par leurs divers ennemis. Ce fait est une honte pour la race humaine.

C’est pourquoi, à l’occasion de la Nativité de l’Enfant Jésus, notre vrai rédempteur et Sauveur, depuis le très saint Trône œcuménique, apostolique et patriarcal, nous déclarons que toutes les sociétés doivent garantir aux enfants leur développement sûr. Respecter leur droit à la vie, à l’éducation et au développement normal que peut leur assurer le fait d’être élevé et éduqué dans le contexte de la famille traditionnelle, fondée sur les principes de l’amour, de la philanthropie, de la paix, de la solidarité, des biens que Seigneur incarné que nous apporte aujourd’hui.

Le Seigneur né nous appelle à adopter ce message du salut des humains. Il est vrai qu’au cours de leur longue histoire, les peuples ont opéré de nombreux déplacements et colonisations. Nous espérions toutefois qu’après deux guerres mondiales et à la suite des déclarations pour la paix émanant de chefs et d’organismes religieux et politiques, les sociétés contemporaines seraient en mesure d’assurer la coexistence pacifique dans leurs pays. Malheureusement, les faits démentissent l’espoir, car, devant la menace de se faire exterminer, des êtres humains sont forcés de s’expatrier massivement empruntant la route amère des réfugiés. Cette situation, avec la vague sans cesse croissante des réfugiés, accroît nos responsabilités : ayant encore la bénédiction de vivre en paix et dans l’aisance, nous ne devons pas rester insensibles devant le drame quotidien des milliers de nos semblables. Nous devons leur manifester notre solidarité et notre amour, dans la certitude que toute bienfaisance envers eux se rapporte à la personne du Fils de Dieu né et incarné, venu au monde non pas en roi, souverain, dominateur ou riche. Il est né comme un Enfant nu et sans défense, dans une humble étable, sans foyer, comme des milliers de nos semblables vivent en ce moment. Dès le début de Sa vie sur terre, il a été forcé de s’expatrier loin, pour échapper à la haine d’Hérode. Aujourd’hui, nous dirions que la mer et la terre sont en train d’engloutir le sang innocent des enfants des réfugiés, alors que l’âme d’Hérode torturée par l’incertitude « n’a consommé que le crime ».

Le divin Enfant né et en route vers l’Égypte est le vrai défenseur des réfugiés actuels, persécutés par les contemporains semblables d’Hérode. Cet Enfant Jésus, notre Dieu, « a partagé la faiblesse des faibles » (I Co 9, 22), pour se faire semblable à nous tous qui sommes faibles, épuisés, en danger, réfugiés. L’aide et l’assistance apportées à nos semblables persécutés et déplacés, sans faire des discriminations de race, de sexe et de religion, seront pour le Seigneur né des dons plus précieux que les présents offerts par les mages ; des trésors plus précieux que « l’or, l’encens et la myrrhe » (Cf. Mt 2, 11) ; une richesse spirituelle, inaliénable et permanente, inusable au fil des siècles, et qui nous attendra dans le royaume des cieux.

Offrons chacun ce qu’il peut au Seigneur que nous regardons dans le visage de nos frères réfugiés. Offrons au Christ enfant, né aujourd’hui à Bethléem, ces dons précieux d’amour, de sacrifice et de philanthropie, imitant Sa miséricorde. Prosternons-nous devant Lui avec les anges, les mages, les simples bergers, chantant de concert avec tous les Saints : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur terre paix pour ses bien-aimés » (Lc 2, 14).

Que la grâce et l’infinie miséricorde de l’Enfant Jésus réfugié soient avec vous tous !

Noël 2015

† Bartholomaios de Constantinople
fervent intercesseur de vous tous en Dieu